• TLV Magazine

Haïm Bialik, le Poète de la Renaissance de la langue Hébraïque


Credit photo : The Jerusalem Post

C'est à l'occasion des courses d'hiver, dès la sortie du confinement, que je me suis empressée de chercher des bottines pour mes enfants. J'ai fini par trouver mon bonheur...Rehov Bialik.


Ce jour-là, la pluie tombait averse. Le temps d'une accalmie furtive, je restais rêveuse, admirant cette rue arborée telle une forêt vierge, avec ses lianes et son épais rideau de feuillages. A cet instant précis, une foule de souvenirs des débuts de notre Alya me submergea d'émotion. Voila bien longtemps que je n'avais foulé les pavés de cette rue atypique et peu empruntée. Je reconnus l'immeuble de la meilleure copine du Gan Tchernikhovsky de ma fille. Et à quelques enjambées plus loin, sur le trottoir d'en face, le Beit Bialik, la maison du célèbre premier poète sioniste à écrire en langue hébraïque moderne, Haïm Bialik, né en 1873 à Volhynie, Ukraine Empire Russe et décédé en 1934 à Vienne, Autriche.


Je ne savais que peu de choses à son propos, avant que mon fils, alors âgé de trois ans, soit invité à l'anniversaire d'un camarade de gan à visiter la Maison Bialik. Et comme en Israël, les mamans sont de toutes les parties, j'eus l'occasion, la chance dois-je le reconnaître, de suivre le guide et pénétrer dans l'intimité de la vie de l'essayiste, journaliste, traducteur du Yiddish à l'hébreu, éditeur, nouvelliste et surtout poète ; témoin et acteur de la construction de la Nation d'Israël.


Pour remettre le personnage dans son contexte de sioniste spirituel, on a besoin de revenir sur ses liens étroits qu'il entretenait notamment avec deux pères fondateurs de la langue Hébraïque moderne : Eliézer Ben Yehouda (1858-1922), pionnier du mouvement de renaissance de l'hébreu comme langue parlée, immigré en Palestine en 1881 et Ahad Ha'am (1856-1927), penseur nationaliste juif et leader des Amants de Sion. Comme Bialik, ce dernier demeure en opposition avec le sionisme politique de Theodore Hertzl et fonde les BneÏ-Moshé sur la base d'un sionisme spirituel. Bialik et Ahad Ha'am éprouvent cette même désillusion quant au projet sioniste politique qui ne semble pas se soucier de la survie du Judaïsme. A l'heure ou en Diaspora l'existence de la culture juive est menacée par l'assimilation, ils voient en la Palestine un refuge culturel pour une élite d'abord, dont la mission serait d'unifier le peuple juif par l'éveil d'une conscience collective. Dès lors, on saisit pourquoi Haïm Bialik fait le choix de composer sa prose et ses poèmes en langue hébraïque moderne. Il effectue son premier voyage en Palestine en 1909 à la suite duquel il interpelle ses camarades pionniers avec un enthousiasme convaincu : "Même la poussière se transformera, elle deviendra vivace sous vos pieds nus et sacrés". Après ce voyage révélateur, il fonde avec le dirigeant sioniste Shamriyaou Lévine, l'Edition Dvir. Il s'installera définitivement à Tel-Aviv en 1924 à Beït Bialik, édifiée par l'architecte Joseph Minor.

Retrouvez la suite de l'article dans TLV Magazine…


Par Hava Oz


Abonnez vous à TLV Magazine en 1 clic !

0 commentaire