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La cour des miracles : Grandeur et Décadence de la "TAHANA Mercazit" de Tel-Aviv

Dernière mise à jour : juil. 29


Autrefois l'une des plus grandes gares routières du monde, avec ses 230.000 m², la principale gare routière centrale desservant "la ville qui ne dort jamais" fonctionne depuis 1993. Ce monstre de béton vétuste et dégradé qui a connu jadis ses heures de gloire, défigure le sud de la ville, secteur déjà notoirement désagréable. Aussi de plus en plus de riverains demandent-ils sa rénovation, voire sa démolition. Et depuis 2020, le mouvement s'accélère.


Qui ne connait pas la fameuse Tahana Mercazit de Tel Aviv ? Située dans un quartier passablement exécré en raison de son état négligé et de sa proximité avec la partie pauvre de la ville, elle constitue un nœud de transport inter et intra-urbain important. Presque toutes les erreurs possibles ont été commises depuis le début de sa conception, englobant faillites, complications juridiques et peut-être plus que tout confusion entre intérêts personnels et bien public. Planifiée pour ouvrir à la fin des années 1960, des problèmes financiers ont retardé les travaux de plusieurs décades.


Histoire chaotique


En près de trois décennies d'existence, ce plan phare de la ville s'est transformé en l'un des projets immobiliers les plus tristement célèbres de l'histoire israélienne. En 1953. le département des infrastructures de Tel-Aviv a admis que l'ancienne gare routière centrale, ouverte en 1941, était devenue trop petite et bondée. Au début des années 1960, avec le commencement de la construction de la nouvelle mégastructure, le quartier de Neve Sha'anan, jusqu'alors coopérative pastorale, s'est aussitôt mué en un lieu grouillant peu propice à l'habitation, un des périmètres les plus problématiques de Tel-Aviv.


A l'origine, la gare était censée avoir deux étages : un pour le commerce et un pour les transports en commun, offrant une alternative à l'ancienne gare routière centrale. Un conflit entre les deux principales compagnies de bus à l'époque a provoqué l'ajout d'un autre étage. L'édification de l'impressionnant bâtiment qui se voulait novateur, devait durer trois ans. Mais les travaux ont été interrompus dans les années 1970, à cause du financement laissant en plan un énorme squelette architectural de 5 étages, dont les rampes monstrueuses et tentaculaires défiguraient une partie du quartier. De nouveaux investisseurs ont été appelés mais pour financer le reste de la structure, il a fallu ajouter davantage d'espace commercial, ce qui devenait compliqué.

La guerre de Yom Kippour de 1973 a laissé une économie affaiblie et une réalité politique instable. Les temps étaient durs, le ciment rare. L'entrepreneur immobilier en charge de la nouvelle gare routière n'a pas achevé l'ouvrage et a accumulé les dettes. En 1977, le Likoud au pouvoir, la possibilité qu'Israël nationalise le projet et l'achève n'était plus à l'ordre du jour. Les personnes qui avaient investi parfois toutes leurs économies dans des espaces commerciaux désormais inactifs, en contractant des prêts, ont fait pression sur le gouvernement et l'entreprise. Un entrepreneur privé fut trouvé en 1984 et la construction reprit en 1987, alors que le fameux architecte Ram Karmi avait rejoint le programme.

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Par Noémie Grynberg


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