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Modigliani fait son Alya


"Modigliani et quelques amis" : Grâce au centenaire de la disparition de Modigliani (1884-1920), le Musée d'Art de Tel-Aviv expose jusqu'au 1er septembre 2021 -quelques unes de ses œuvres. S'étant approché tout près de l'une de ces toiles, notre journaliste a alors eu la surprise d'entendre la voix d'Amadeo (Yedidia) Modigliani murmurer les mots suivants… Interview imaginaire d'un artiste incontesté.


Depuis le printemps 2021, j'expose au Musée d'Art Moderne de Tel-Aviv. Quelle consécration ! Quelle consolation, après toutes ces années de misère… Quand ma mère l'apprendra, elle sera très fière de moi. Comme il faut beau chez vous ! Cette douce chaleur me change de Paris, de ses fumées, de ses rues boueuses et de ses cafés infâmes. Et puis tout ce ciel, ce ciel immense sur la mer ! Toute cette lumière ! Si je m'étais installé chez vous, il est certain que ma peinture aurait été différente. Les femmes juives sont si belles ! Et cela depuis toujours. Ne dit-on pas que lorsqu'Avraham descendit en Egypte, la beauté de Sar se répandit à la vitesse de la lumière jusqu'au palais de Pharaon ? Et tout le monde sait qu'Assuérus n'avait d'yeux que pour Esther. Et qu'il était prêt à lui offrir la moitié de son royaume qui comptait 127 provinces !


Je suis né dans la misère


Si j'avais eu la chance de vivre chez vous, j'aurais installé mon atelier à Jaffa. Je me serais satisfait d'un petit quinze mètres carrés. Je n'ai jamais eu des goûts de luxe. Tous ceux qui m'ont connu au Bateau-Lavoir, à la Ruche, ou à la Grande Chaumière, à Montparnasse ou à Montmartre pourront témoigner. Mais à l'époque -je vous parle des années 1900, 1920 - Israël était encore un rêve. On ne savait pas vraiment où c'était. Certains assuraient que cela se trouvait en Ouganda, au cœur de l'Afrique ! Mes parents n'étaient pas sionistes. On dirait aujourd'hui que c'était de bons juifs séfarades. Mon père était trop accaparé pas ses affaires pour imaginer notre vie ailleurs qu'à Livourne. Ma terre promise, je l'ai cherchée dans la beauté. Et je l'ai payée très cher. Quand je dis que je suis née dans la misère, ce n'est pas une formule. Le 12 juillet 1884, jour de ma naissance, des huissiers se sont présentés chez mes parents. Faisant valoir une loi qui interdisait que soient saisis les biens d'une accouchée, mon père avait déposé les quelques objets de valeur qui nous restaient sur le lit de ma mère - avec moi, nouveau-né, au milieu !

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𝘗𝘢𝘳 𝘔𝘪𝘤𝘬𝘢𝘦𝘭 𝘓𝘈𝘜𝘚𝘛𝘙𝘐𝘈𝘛


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