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Pardon, vous êtes Séfarade ?


Le Grand Rabbin Yossef Messas

Lorsque que l'on parle de Juifs Séfarades (Sefarade: Espagne en hébreu), on pense aux Juifs d'Espagne, du Portugal, de Hollande, d'Italie, quelques fois de Bulgarie et de Grèce. Mais pour la plupart d'entre nous, francophones, c'est l'Afrique du Nord qui nous vient à l'esprit. Du Maroc à l'ouest, en passant par l'Algérie, la Tunisie, la Lybie et l'Egypte, Il nous faut nous différencier des Juifs Orientaux, Mizra'hi, qui viennent d'Irak, d'Iran, de Turquie, de Syrie etc. ainsi, évidemment de nos frères d'Europe centrale et de l'Est, Ashkenazes (Allemand en hébreu).


Si le climat, la topographie, les peuples et les souverains sous lesquels nous vivions en Diaspora ont influencé notre mentalité et notre culture, il est clair que la vie juive, la Halakha et les coutumes, l'ont été aussi. Pour le Rav Michael Bendamon le judaïsme sépharade n'est pas basé sur une idéologie. On ne retrouve pas les scissions comme chez nos frères ashkénazes dont certains, depuis l'émancipation, ont refusé l'ouverture au monde moderne pour se préserver (le monde Haredi). Le judaïsme nord-africain, de son côté, est un judaïsme de communautés, pas de fragmentations telles qu'elles se sont créées en Europe, malgré l'influence de la France surtout en Algérie. Tout le monde, religieux et plus ou moins pratiquants se retrouvait et avait sa place dans la communauté et la synagogue, en règle générale.


Il suffit d'étudier les livres de lois, les "responsa" des deux cents dernières années, pour se rendre compte de l'ouverture d'esprit des rabbins décisionnaires séfarades. La Torah est divine, certes, mais elle a été donnée aux hommes sur terre. Très loin des mouvements reformés, y a des décisions halakhiques qui, aujourd'hui en Israël suite à l'influence "Haredi, feraient lever le sourcil. Il n'y a qu'à ouvrir les livres du grand rabbin Yossef Messas pour trouver des exemples, ainsi que les décisions du Grand Rabbin David Chelouch. On y trouve des décisions halakhiques ou la "Koula" (souplesse) a priorité tout en restant dans le cadre de la Loi. Précisons la différence avec le courant de la réforme d'origine ashkénaze : 1. une halakha orthodoxe même souple est basée sur l'avis de grands décisionnaires de l'époque des Richonim (10e au 14e siècle).

2. Si l'on décide de ne pas observer les mitsvot, on est traditionaliste mais en aucun cas on ne va "cachériser” notre décision, notre pratique et notre conduite détournant la loi afin qu'elle s'accorde avec notre compromis dûment choisi.

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Par Haïm Bismuth


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